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Abcès et fistule

Définition
L'abcès anal est dû à l'infection de l'une des glandes situées à l'intérieur de l'anus (glande d'Hermann et Desfosses) formant un abcès. L'ouverture de l'abcès au niveau de la marge anale (spontanée ou lors d'une incision chirurgicale) constitue une fistule. Celle-ci se définit donc comme un trajet entre un orifice interne (l'orifice de la glande) et un orifice externe (l'orifice de l'abcès). Ce trajet traverse le sphincter anal plus ou moins profondément. Il peut s'accompagner de diverticules développés par exemple dans la paroi du rectum ou vers la fesse opposée (fistule complexe). Seule une intervention chirurgicale peut guérir une fistule anale. Un éventuel traitement antibiotique n'est qu'une solution d'attente. Le traitement de l'abcès est identique à celui de la fistule. Néanmoins, il arrive que le trajet fistuleux ne soit pas mis en évidence en période de suppuration aiguë et qu'une intervention ultérieure soit nécessaire.

Principe de l'intervention
Cette intervention chirurgicale est réalisée au bloc opératoire sous anesthésie générale ou loco-régionale (rachianesthésie). Elle consiste à repérer le trajet et l'orifice interne de la fistule puis à l'ouvrir vers l'extérieur (mise à plat). Elle entraîne toujours la section d’une partie des sphincters de l’anus dont l’importance est un facteur déterminant de la décision thérapeutique. Lorsqu’elle est limitée, la continence n’est pas menacée et le traitement comporte alors une seule opération. Dans le cas contraire, la règle est d’intervenir en plusieurs temps, deux le plus souvent, parfois plus, afin de sectionner le sphincter progressivement lorsque le temps précédent est cicatrisé. Le trajet fistuleux résiduel est repéré par un fil élastique de drainage entre les différents temps opératoires.

Les suites opératoires
La durée d'hospitalisation est en moyenne de 2 à 3 jours. Les douleurs sont le plus souvent modérées.
Des soins locaux sont nécessaires et seront effectués selon leur complexité, soit par vous-même, soit par une infirmière. L’éventuel fil de drainage doit être impérativement préservé.
La cicatrisation dure en moyenne de 6 à 8 semaines. La gêne, parfois la douleur, et les suintements liés à la plaie chirurgicale avec la contrainte des pansements réguliers, imposent un arrêt de travail d'environ 6 semaines. Le traitement en plusieurs temps nécessite deux à 3 mois d’intervalle entre chaque temps.

Les complications à court terme
-La plus fréquente est un saignement postopératoire parfois brutal pouvant imposer une hospitalisation voire une intervention.
-La rétention d'urine peut nécessiter un sondage (bref chez la femme, de quelques jours chez l'homme).
-L'infection secondaire de la plaie est exceptionnelle.

Les complications à long terme
-Cette intervention est universellement pratiquée et des milliers de personnes ont été ainsi traités. Elle a un taux de réussite sans récidive à long terme de plus de 90 %.
-Un retard de cicatrisation peut se produire dans certains cas.
-Des troubles de la continence anale peuvent survenir, surtout si coexistent d’autres facteurs de risque tels que: diarrhée chronique, colopathie fonctionnelle, antécédent d’accouchement difficile, intervention proctologique préalable. Le traitement est plus délabrant lors de fistule complexe. Celle-ci est favorisée par l'ancienneté de la suppuration, les traitements antibiotiques itératifs et les interventions chirurgicales infructueuses multiples. D'autres techniques (colle, plug, lambeau d'avancement…) ont été imaginées pour parer à cet inconvénient. Néanmoins, elles n’ont globalement qu’un taux de réussite de 50%, ne sont pas toujours réalisables en pratique, et certaines ne sont pas prises en charge par la Sécurité Sociale.
-Les récidives nécessitent habituellement un nouveau geste chirurgical.
-Des replis de peau (marisques) et une cicatrisation disgracieuse sont parfois observés sans que l’on puisse parler de complication.

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